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Se Préparer Au Shibari – Kinbaku

Nous tenons à rappeler qu’attacher avec des cordes comporte des risques qui peuvent avoir de conséquences graves. Il est essentiel de connaître les règles de sécurité et les notions d’anatomie que requiert cette pratique. Mais également de prendre le temps de connaître son corps, le temps d’évoluer et de respecter ses limites. 

Ces connaissances ne sont pas réservées à l’attacheur(se). Bien que vous accordiez une entière confiance en cette personne, vous devez avoir conscience des dangers liés à cette pratique et vous informer également. Cela vous aidera à mieux évaluer un inconfort ou un potentiel danger. Votre responsabilité est entièrement engagée et votre participation n’est pas passive, bien au contraire votre communication est essentielle pour l’attacheur(se).  La prise de conscience des risques, comme la connaissance de votre corps sont des éléments qui permettront de réduire considérablement ces risques. En gardant à l’esprit que tout jeu qui implique des cordes comportera toujours une part de risques. Quelque soit son niveau ou le nombre d’années d’expériences acquises, personne n’est à l’abri d’un accident.

Je vous invite à lire l’interview de Tessin Doyama : à propos de la sécurité dans le Kinbaku.

Une des questions qui revient souvent est : "comment se préparer avant une séance de cordes ?"

Nous partageons ici des conseils sur la préparation des personnes attachées, bien que cela soit bénéfique également aux personnes qui attachent. Cette liste est non exhaustive, nous ne pouvons que vous conseiller de prendre un maximum d’informations sur le sujet.

Le corps et l'esprit

Prendre soin de son corps, le découvrir, ainsi que son potentiel, être à l’écoute de ses sensations et de ses réactions, contribuent à limiter les risques liés aux jeux de corde.

On ne peut dissocier le corps de l’esprit, car celui-ci va également être un facteur déterminant pour rendre cette expérience source de plaisirs.

Idéalement on prendra un moment avant de commencer à se faire attacher pour se recentrer sur soi. Détendre son corps et l’observer, le ressentir zone par zone. Écouter le rythme de sa respiration et harmoniser son souffle afin qu’il devienne calme et profond. Ce moment permet de se reconnecter à soi afin d’être pleinement dans l’instant présent lors de votre session. Les bénéfices de cette mise en condition vont se répercuter tant sur les capacités physiques que sur les émotions ressentis.

Conditions physiques et Émotionnelles

Il est essentiel pour pratiquer :

  • D’avoir un état de conscience non altéré : ne pas avoir consommé de drogue, d’alcool, certains médicaments (qui peuvent modifier les perceptions, les sensations, les réflexes…).
  • D’être « en forme », d’être reposé, d’avoir mangé et de s’hydrater.
  • D’être émotionnellement dans un bon état d’esprit. Une forte contrariété, colère, tristesse… vont altérer les perceptions corporelles (une position qui est d’habitude agréable peut s’avérer très inconfortable selon l’humeur). Tous ces facteurs vont avoir un impact direct sur la sécurité, il vaut mieux reporter une séance de cordes et passer un moment agréable, la rencontre suivante n’en sera que plus appréciée.

Aptitudes physiques

Le shibari – kinbaku est accessible à tous, à la condition de respecter son corps et de ne pas dépasser ses limites. Un des points importants est de ne pas vouloir reproduire les postures admirées sur des photographies sans en avoir le niveau requis. N’oubliez pas que celles-ci sont réalisés par des professionnels/lles. La souplesse, l’endurance et la force sont généralement le fruit d’efforts réguliers et ne s’acquière pas du jour au lendemain.

Cette pratique est équivalente à un sport extrême, quelque soit son rôle, attacheur/se ou attaché/e, chacun doit être conscient de son niveau et conserver un état d’esprit axé sur l’humilité et la prudence. L’objectif est de se faire plaisir sans se mettre en péril.

L'échange

Un des points essentiels à la préparation est, là aussi, la communication. C’est la clef pour évoluer dans les meilleures conditions. Il est important d’échanger avant, pendant, et après la séance.

Chaque étape fait partie intégrante de la session : l’échange, la préparation, l’encordage , le jeu le cas échéant, le désencordage et le retour (communément appelée « aftercare »). Aucun de ces moments ne doit être négligés, ni prendre plus d’importance. Le shibari- kinbaku ne se limite pas au moment de l’attache.

Avant de jouer i est fortement conseillé :

D’informer votre partenaire de votre santé et de toutes autres informations que vous souhaitez partager. N’hésitez pas à parler de tout, une vieille blessure (même sans douleur), une gêne, une zone plus sensible… Discuter également de votre état d’esprit, si vous avez des questionnements, une peur ou une appréhension.

Chaque personne a ses particularités, celui ou celle qui vous attache doit avoir le plus de renseignements vous concernant. Renseigner votre attacheur(se) tant sur votre plan physique qu’émotionnel. L’état émotionnel va avoir une influence directe sur les sensations ressenties. Une attache confortable la veille peut s’avérer désagréable ou douloureuse selon son état d’esprit.

De définir votre recherche à travers cette pratique, vos limites physiques comme relationnelles.

Même si vous avez donné votre accord au préalable, vous pouvez retirer votre consentement à tout moment. Si quelque chose vous déplaît, communiquez le immédiatement. Lorsqu’on se fait attacher il faut être en mesure d’arrêter quand on sent que quelque chose ne va pas. Cela peut sembler évident mais il faut beaucoup de courage pour dire « stop » dans certaines situations, un attacheur(se) connu(e), votre attacheur(se) que vous ne voulez pas décevoir, le public, vous même…

De mettre en place des techniques d’échange pendant que vous serez attaché(e). Mettez en place des codes de communication afin de vérifier que tout va bien. Penser à une communication verbale et non verbale, au cas où l’on a la bouche bâillonnée.  Ceci est utile avant chaque jeu de corde car rien n’est permanent.

Étirements

Des exercices d’étirements pratiqués régulièrement auront un impact notable dans votre pratique. Le plus souvent possible, au minimum avant de se faire attacher, nous vous conseillons de prendre un temps pour vous préparer. Ceci va permettre au corps d’adoucir le stress vécu lors d’une séance.

Chaque corps est différent, les exemples présentés sont simples et s’adressent au plus grand nombre de personnes. Cependant ils ne conviendront peut être pas à tous si cela est votre cas choisissez d’autres exercices d’étirements qui vous correspondent mieux.

  • Étirer doucement chaque partie de votre corps (bras, épaules, cuisses, bassin… toutes les parties qui seront sollicitées). – Prenez le temps de faire de nombreux mouvements pour chaque zone, toujours en douceur sans dépasser la limite où cela serait douloureux .
  • S’aider d’une corde ou de son partenaire pour étirer ses épaules.
  • S’allonger sur le dos afin que son partenaire tire très doucement vos bras pour étirer le dos.
  • Rester dans cette position afin que cette fois ci il tire doucement vos pieds pour étirer le bassin et les jambes.

Voici quelques exemples d’exercices que vous pouvez réaliser. Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

La respiration

La respiration a un impact immédiat sur l’ensemble du corps. Celle-ci influe directement le rythme cardiaque, qui lui envoie des messages au cerveau. Les pratiquants d’arts martiaux ou de yoga n’apprendront rien .

Voici un exercice de respiration que je pratique, appelé cohérence cardiaque (ou méthode 365, 3 fois par jour/ 6 respirations par minute/ pendant 5 minutes). Je vous invite à vous renseigner plus amplement sur le sujet s’il vous intéresse.

Il se présente ainsi :

Inspirer et expirer avec le ventre, lentement et profondément (6 inspirations et 6 expirations par minutes, pendant 5 minutes). Ceci va permettre de synchroniser le cœur avec la respiration.

Cet état d’harmonie des fonctions vitales induit par un rythme respiratoire particulier offre de nombreux bénéfices :

  • La baisse du cortisol, la principale hormone de défense secrétée pendant un stress.
  • L’augmentation de l’ocytocine, neurotransmetteur qui favorise l’attachement (aussi appelé « hormone de l’amour »).
  • L’augmentation du , hormone secrétée par le cœur et qui agit sur l’hypertension artérielle.
  • L’augmentation des ondes alpha qui favorisent la mémoire, l’apprentissage mais aussi la communication et la coordination.
  • Une action favorable sur de nombreux neurotransmetteurs (hormones qui véhiculent les émotions) dont la dopamine (plaisir) et la sérotonine (prévention de la dépression et des angoisses).
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